Communiqué de presse Rencontre du 13 juin 2009

Publié le par Madouc

Jardin d’éveil et suppression du RASED : une logique d’exclusion qui va nous coûter très cher !

85 euros par mois par enfant pour une famille ayant pour seule ressource un SMIC ! Et jusqu’à 356 euros par mois : voilà le prix à payer pour les familles pour une place dans un jardin d’éveil ! Sans compter la charge portant sur la branche famille de la CNAF, celle sur les collectivités - NOS impôts - pour une garderie des 2-3 ans et bientôt des 2-5 ans, et cela à la place de l’école maternelle publique gratuite? C’est la phase expérimentale des jardins d’éveil qui démarre, avec 8000 places à créer d’ici à 2012 (pour 14 000 supprimées en école maternelle).

De quel « jardin d’éveil » parle-t’on ? L’évaluation prévue ne porte pas sur la qualité de l’accueil ou le projet pédagogique mais bien sur l’optimisation du coût. Les critères retenus sont :
- La réduction des coûts par regroupement de moyens et rapprochement de structures existantes (crèches, petites sections de maternelles etc.),
- L’optimisation du nombre d’adulte (pas d’enseignants) par enfants : pour l’instant le dispositif prévoit 2 adultes pour 24 enfants « qui peuvent ne pas être propres ». Alors qu’en crèche, c’est au moins 3 adultes pour 18 enfants. En faut-il plus ?
 - L’augmentation du nombre d’enfants accueillis pour rendre le jardin d’éveil plus « rentable »,
- Le coût réel pour les financeurs.

Le jardin d’éveil comprend pourtant un projet « éducatif » et un projet social.
Le premier, celui dit « éducatif » concerne « l’accueil, le soin, le développement, l’éveil et le bien être des enfants » : n’y figure aucun programme pédagogique, ni aucune acquisition motrice, sociale ou intellectuelle attendue chez l’enfant. Pourtant le terme éducatif utilisé désigne bien l’objet du jardin d’éveil : celui de remplacer à court terme les petites sections d’école maternelle dont le projet, on le comprend, est bien différent et encore trop coûteux pour l’Etat. Le jardin d’éveil comprend aussi un projet, dit social, centré sur les aides au financement pour « faciliter ou garantir » les familles en difficultés financières. Le jardin d’éveil n’a donc par l’obligation d’accueillir tous les enfants qui plus est, de prendre en charge ceux qui en ont le plus besoin (comment chercher un travail avec un enfant à garder ?)!

La même logique fonctionne pour la suppression du Rased (Réseau d’aide spécialisée pour les enfants en difficulté). Celle de la gestion de fonctionnaires d’Etat qu’il faut supprimer au prix de l’exclusion de nombreux enfants en difficulté : leur enlever à eux et à leurs parents tout espoir un jour d’aimer l’école !

Nous, parents et enseignants des collectifs de Bernay, Petit Quevilly, Rouen appelons tous les parents, grands-parents et futurs parents, collectifs de parents et enseignants, avec les enseignants, les personnels des écoles, de la petite enfance et les élus locaux à dénoncer ce projet destructeur de nos valeurs et du service public de la petite enfance et de l’école maternelle.

Nous les appelons à nous rejoindre Samedi 13 juin à 14h30 Place de la Cathédrale à Rouen et à signer la pétition d’appel au boycott du dispositif par les collectivités locales. Nous appelons les élus du Conseil Municipal de Rouen, de Bernay et de Petit Quevilly, les élus et représentants des communautés de communes ou de pays, ainsi que les élus des conseils généraux de l’Eure et de la Seine-Maritime à se prononcer contre l’expérimentation du dispositif jardin d’éveil et à prendre les mesures nécessaires au développement d’une véritable offre d’accueil de la petite enfance sous forme de crèches, mini-crèches et crèches familiales.

Nous appelons le ministre Darcos à cesser les suppressions systématiques dans le Rased et des classes des écoles maternelles. Nous appelons Madame Moreno à stopper l’expérimentation des jardins d’éveil.
Nous aspirons à un autre projet éducatif et social pour nos enfants que la garderie payante au rabais qui, de plus, exclut les plus pauvres d’entre nous et fait de notre maternelle, une école désertée par les enseignants.

Collectifs parents-enseignants et élus de Rouen, de Bernay, de Petit Quevilly.

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